France Stratégie : la robolution transforme et détruit mais surtout, elle crée des emplois

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France Stratégie : la robolution transforme et détruit mais surtout, elle crée des emplois

Dans sa note d’analyse n°49 sur l’effet de l’automatisation sur l’emploi, le cabinet France Stratégie décrit la robolution non pas comme une destruction mais comme une mutation du marché du travail.

Société du travail et robolution

En septembre 2013, deux chercheurs d’Oxford lâchent une petite bombe dans le monde scientifique. Dans leur étude “A quel point l’emploi est-il menacé par l’automatisation informatique ?” les deux chercheurs Michael Osborne et Carl B. Frey anticipent (sur une base de 702 emplois) la potentielle disparition d’au moins 47% des emplois aux États-Unis d’ici 2050. Une bombe dont la détonation se fera sentir bien au delà de la petite bulle académique.

Jeremy Rifkin, prophète de la fin du travail, voit dans cette troisième révolution industrielle (et non la quatrième comme il est courant de le voir chez les industriels) non pas simplement un fléau mais aussi et surtout une véritable opportunité pour que l’humain reprenne finalement sa propre existence en main. Selon lui, moins de travail, c’est plus d’humanité. A l’image des partisans d’un certain revenu universel de base, Rifkin voit dans le remplacement des emplois par les machines l’opportunité de se tourner vers des activités à proprement parler humaines, sociales et créatives. Une perspective positive qui ne pourra l’être qu’à condition que la société anticipe ces transformations et se réorganise correctement, et par correctement, c’est la redistribution des richesses qui est sous-entendue. Car si une poignée d’humains conserve ses emplois à la tête des entreprises et des laboratoires d’innovation, qu’en sera-t-il de tous les autres ? Le penseur “du coût marginal zéro”, dont les propositions volontairement provocatrices suscitent régulièrement la controverse, va également jusqu’à envisager une société de la gratuité, pilier fondamental de cette future société informatisée et automatisée selon lui. Sans gratuité, tout ceux dont l’emploi aura été remplacé ne pourront continuer à consommer. C’est pourquoi il envisage un changement de paradigme : le passage d’un modèle économique capitaliste à un modèle fondé sur l’échange et la collaboration. En attestent certaines nouvelles start-up du web et autres technologies d’empowerement.

La théorie est critiquable à bien des égards, mais il faut lui reconnaître un effort de prospection tout à fait louable. La société est et sera bel et bien amenée à changer radicalement. Et il est difficile de savoir à quoi s’attendre. C’est là tout l’objectif de son travail philosophique : poser des questions sur un avenir incertain qu’il nous appartient de définir.

D’autres études voient même une vague de création d’emplois grâce à la robolution, dans les domaines de l’ingénierie et de la maintenance technique notamment. Mais nombre d’entre elles évoquent trop souvent les emplois créés sans évoquer ceux disparus ou en passe de l’être.

L’effet de l’automatisation sur l’emploi : ce qu’on sait et ce qu’on ignore

France Stratégie, le cabinet d’étude et d’expertise du gouvernement français vient de publier une nouvelle note d’analyse sur “l’effet de l’automatisation sur l’emploi : ce qu’on sait et ce qu’on ignore“. Alors que le pays est en proie à un taux de chômage jamais vu depuis 1997, cette note d’analyse peint un nouveau tableau du marché du travail français, en proie à une autre transformation, celle de la robolution. Loin des clichés sur le grand remplacement, cette note cherche à défricher le terrain et à le préparer pour de futures réformes.

Pour peindre son tableau du marché du travail en France, France Stratégie a d’abord divisé les métiers en plusieurs catégories : les emplois peu automatisables (services et relations avec le public), les emplois davantage automatisables (application stricte des consignes) et les autres types d’emplois, qui se situent à la frontière. Première observation de l’évolution du marché du travail : l’augmentation des emplois peu automatisables (+33% en quinze ans, passant de 6,9 millions en 1998 à 9,1 millions en 2013) contre 200 000 emplois automatisables en moins. Pour savoir à qui imputer cette transformation, le cabinet a identifié deux facteurs : la tertiarisation de l’économie française et la transformation au sein de chaque secteur de son fonctionnement, du fait de l’apparition des nouvelles technologies. Reste à savoir lequel des deux a eu l’effet le plus important sur la transformation du marché du travail, le tout pour comprendre le rôle joué par l’automatisation.

Pour illustrer cette dynamique de transformation des métiers non industriels, le rapport étudie le cas du secteur bancaire, secteur tertiaire par définition et néanmoins sujet à une automatisation fulgurante dans les trois dernières décennies (distributeurs automatiques, numérisation des transactions et fichiers…).

dégré d'automatisation par type d'emplois

Mais la grande nouveauté mise en avant par ce rapport, c’est la vulnérabilité des emplois jusqu’alors considérés comme irremplaçables. “Au vu des progrès technologiques dans le domaine du numérique, davantage d’emplois — y compris des emplois qualifiés — ont un contenu en partie réalisable par des machines“. Le retard de ce constat est notamment imputable à la difficulté de prévoir l’impact de la révolution numérique sur les emplois. Le degré d’automatisation de chaque emploi lui étant spécifique, il dépend en prime d’une série de “paramètres non technologiques” et par conséquent difficilement prévisibles.

Pour appuyer cette affirmation, l’auteur compare le taux de robotisation de l’industrie européenne. Il cite notamment les premières arrivées de robots sur les chaînes de production Renault dans les années 1970. Or, à ce jour, la France compte cinq fois moins de robots que l’Allemagne, y compris en prenant en compte la part assumée par l’industrie dans l’économie nationale (la France étant beaucoup moins industrielle que l’Allemagne, il est normal qu’elle compte moins de robots). Selon lui, cette importante différence entre les taux de robotisation européens est donc due à d’autres paramètres que purement technologiques, puisque les deux pays sont aussi avancés technologiquement. Au-delà de l’automatisation, il faut donc également prendre en compte les effets sur l’emploi des modifications structurelles de l’économie d’un pays. Autrement dit, le passage d’une économie industrielle à une économie de services est également responsable de la modification du contenu des métiers, tout comme la culture du pays, plus ou moins encline à se robotiser.

graphiques-emploi-france-2016-3

Pour illustrer cette difficulté d’imputation de la responsabilité (à la tertiarisation ou à la robolution), la note d’analyse prend également le cas de l’opposition secrétaires/ingénieurs, partant du postulat que les seconds ont progressivement remplacé les premiers du fait de l’apparition de l’informatique. Effectivement, bien que le nombre d’ingénieurs ait considérablement augmenté aux dépens du nombre de secrétaires, qui lui, est en chute libre, l’auteur ne manque pas de pointer du doigt la difficulté de déterminer si l’augmentation des ingénieurs est due au remplacement des secrétaires (ce que suggère le graphique ci-dessous) ou plutôt  à l’apparition de tout nouveaux besoins (ce qui paraît évident, mais qu’il est difficile d’évaluer). En clair, “il est difficile de prévoir les effets des progrès du numérique sur l’emploi parce que l’automatisation ne risque pas seulement de détruire des emplois : elle est susceptible d’en créer“.

graphique sur l'évolution du nombre d'ingénieurs face au nombre de secrétaires

En conclusion, l’auteur se veut toutefois rassurant, l’automatisation n’est pas qu’affaire de faisabilité technologique, c’est aussi une question “d’acceptabilité sociale, de mode d’organisation du travail et de positionnement en gamme et de rentabilité économique“. Manière de dire que, pour le moment, même si certaines machines ultra-poussées parviennent à assumer certaines tâches jusqu’à présent réservées aux knowledge workers, la quantité de travail et le coût impliqué par la conception d’une telle machine sont encore bien trop importants pour envisager le remplacement d’un travailleur humain par une machine. La note conclut son tableau du bouleversement du marché du travail en insistant non pas sur son effet de destruction mais plutôt de mutation : “face au développement du numérique, le contenu des métiers se transforme. Il se concentre sur les tâches pour lesquelles les travailleurs ont un avantage comparatif sur les automates“. En somme, la robolution sera douloureuse mais inévitable, et comme pour toute transformation sociétale, elle fera migrer la main d’œuvre vers un autre type de métier de manière plus ou moins brutale, et notamment “vers les compétences sociales“.

Lien vers la note d’analyse 49 de France Stratégie.

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By | 2016-11-03T12:54:55+00:00 10 août 2016|Sciences|Commentaires fermés sur France Stratégie : la robolution transforme et détruit mais surtout, elle crée des emplois

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