Humains et machines unis pour lutter contre les mines terrestres

Humains et machines unis pour lutter contre les mines terrestres

Je suis fier de pouvoir dire qu’en 1996, je faisais partie d’une force multinationale dirigée par l’OTAN en Bosnie-Herzégovine et chargée du déminage et de la neutralisation des bombes. En tant qu’élément du génie militaire de la Force opérationnelle (IFOR), notre travail était à la fois fort stimulant et absolument effrayant. Si vous avez vu le film Démineurs, vous avez probablement une assez bonne idée de ce à quoi nous avons été confrontés quotidiennement, même si cela n’était pas aussi intense que le laisse entendre Hollywood. Cependant, nous avons fait ce travail la plupart du temps à mains nues, avec une tenue de déminage pour toute protection, pas de robots de déminage.

Dix-huit ans plus tard, le processus permettant d’éliminer des restes d’explosifs de guerre (REG/ERW) reste désespérément semblable, et les estimations suggèrent qu’il reste encore environ 110 millions de mines terrestres actives n’ayant pas été déclenchées. Selon le Service de l’action antimines des Nations Unies, ces mines terrestres tuent près de 20 000 personnes chaque année ; en fait, il y a une mine pour 17 enfants vivants, et elles tuent ou mutilent quelqu’un toutes les dix minutes.

La princesse Diana était une fervente défenderesse de la cause de la suppression de toutes les mines dès la fin d’une guerre ; et j’espère que personne n’oubliera les superbes images de la belle princesse vêtue d’une tenue de déminage complète dans les champs de mines d’Angola ou tenant un enfant qui avait perdu un jambe sur une mine. Jusqu’à sa mort prématurée, Diana s’est profondément impliquée dans des projets encourageant et aidant le déminage. Ce serait génial si son héritage conduisait à une pression sans limite pour le déminage des anciennes zones de guerre.

La technologie de pointe est en train d’aider à la réalisation de l’énorme projet restant ; les efforts humains actuels ne permettent d’éliminer que 100 000 de ces mines chaque année. À ce rythme, il faudrait mille ans avant qu’elles ne soient toutes trouvées et enlevées, c’est pourquoi il est évident qu’une plus grande aide est nécessaire. La réponse passe par l’utilisation croissante de la technologie robotique.

Robots démineurs tels que le robot tactique SuperDroid, que nous commercialisons chez RobotShop, sont déjà utilisés pour rendre ce processus un peu moins pénible pour les hommes et les femmes militaires. Le PackBot développé par iRobot et le robot Talon développé par Foster-Miller sont deux superbes exemples et ont été utilisés dans des milliers de missions d’élimination de munitions explosives en Bosnie, en Afghanistan et en Irak. Il existe de nombreux autres robots militaires de ce type. De nombreux autres robots sont nécessaires pour gérer l’ensemble du projet, et ils doivent être intelligents et pas chers !

Robots tactiques SuperDroid pour le SWAT, l'armée et la sécurité

Robots tactiques SuperDroid pour le SWAT, l’armée et la sécurité

Le déminage robotique est étudié plus en profondeur à l’Université de Coimbra au Portugal. Cette université a été dotée d’un Husky UGV (véhicule terrestre sans pilote) personnalisé de la part de Clearpath, et l’a modifié en y ajoutant la navigation, des lasers et la vision stéréo pour en faire un détecteur de mines mobile qui ne se soucie pas d’être réduit en miettes. Le personnel de l’université a également ajouté des bras mobiles, un radar à pénétration de sol, et un détecteur de métal. Des accidents se produisent toujours avec des mines terrestres, mais à quel point est-il préférable d’acheter simplement un nouveau robot de déminage que de ramasser de petits morceaux d’être humain ?

Les résultats du projet de Coimbra viennent s’ajouter à la Projet de déminage Tiramisu, et la recherche collaborative et continue explore la façon de traiter les mines, une fois que le Husky UGV les a repérées, ce qui est également une partie essentielle du projet. Les chercheurs ont l’intention de présenter des résultats et des idées supplémentaires lors de la Conférence internationale 2014 de l’IEEE sur la robotique et l’automatisation (ICRA) à la fin du mois de mai à Hong Kong.

Nous nous attendons à de nouveaux développements prometteurs en matière de déminage robotique ; en fait, la convention ICRA de cette année est l’introduction au premier Défi des technologies robotiques et d’automatisation dans l’humanitaire (HRATC) qui encourage une participation plus active des experts universitaires et non universitaires à la résolution des problèmes que représentent les mines terrestres.

Qui est prêt à relever le défi ? Construisons des robots pour un monde sans mines !