Les drones/ASP deviennent très populaires ; les contrôleurs de vol embarqués sont de plus en plus intelligents et capables, les prix des ASP sont en baisse et des personnes de tous âges s’y mettent. Même les petits ASP qui tiennent dans la main peuvent facilement atteindre plusieurs dizaines de mètres au-dessus du sol, et la technologie a rapidement dépassé les règlements précédemment établis. Malgré la pression importante sur la FAA pour publier des directives actualisées couvrant la gamme des nouveaux produits apparus sur le marché, le consensus est que les nouveaux règlements mettent plus d’un an avant d’être publiés. Dans l’intervalle, la FAA a publié un « Guide pour les opérateurs de modèles réduits d’aéronefs pour le vol récréatif », que nous parcourrons plus en détail ci-dessous. D’autres pays tels que le Canada vont probablement les copier (avec des modifications mineures), quelle que soient les orientations mises en place par les États-Unis, mais il est préférable de consulter les directives de votre pays concernant le vol des ASP.

Les modèles réduits d'aéronefs et la FAA

Directives de la FAA concernant les modèles réduits d’aéronefs/ les ASP et les drones

coche  Faites voler un modèle réduit d’avion pour votre plaisir personnel/ ne-pas-faire Ne faites pas voler un modèle réduit d’avion à des fins de paiement ou commerciales

Aux États-Unis, il semble probable que les règlements à venir se répartirons entre vols « commerciaux » et vols « récréatifs ». Piloter un drone dans un but commercial n’a rien à voir avec la plate-forme ou l’aéronef que vous sélectionnez ; cela signifie simplement que vous êtes rémunéré/indemnisé (financièrement ou autrement) pour l’activité. La plupart du temps cette application consiste à prendre des photos ou des vidéos, et récemment la FAA a déterminé que l’utilisation de drones pour la livraison (gratuite ou non) était également une utilisation « commerciale » d’un drone. Vous pilotez pour le « plaisir » quand :

  1. l’engin n’est piloté que pour le loisir ou un usage récréatif
  2. l’avion est exploité conformément à un ensemble de directives sur la sécurité établies par une communauté et au sein de la programmation d’un organisme de type communautaire à l’échelle nationale
  3. l’avion est limité à un maximum de 25 kg à moins d’avoir été certifié par une conception, construction, inspection, des essais en vol, et un programme de sécurité dans son fonctionnement administré par un organisme de type communautaire
  4. l’aéronef est utilisé de façon qu’il cède la place et n’interfère pas avec un aéronef avec pilote
  5. si l’aéronef est utilisé à moins de 8 km d’un aéroport, l’opérateur de l’aéronef en informe l’opérateur de l’aéroport et la tour de contrôle du trafic aérien de l’aéroport … avec notification préalable de l’opération
  6. l’aéronef est utilisé de façon à rester dans le champ visuel de l’opérateur

coche  Faites voler un modèle réduit d’aéronef/Drone au club d’aéromodélisme local /ne-pas-faire Ne pas effectuer de vol contraire aux règles de sécurité communautaires de l’aéro-modélisme

Dans le passé, les clubs d’aéromodélisme n’étaient en général faits que pour les personnes qui disposaient d’un modèle réduit d’avion ou d’hélicoptère, et voulaient voler dans une zone où ils savaient ne pas empiéter sur l’espace de vol normal, où ils pourraient rencontrer d’autres amateurs, et où ils pourraient trouver les installations nécessaires pour lancer leurs avions (comme une petite piste en dur). Dans la plupart des pays, il existe un organisme central qui répertorie tous les clubs officiels d’aéromodélisme, et il suffit de faire une recherche rapide en ligne pour trouver le club le plus proche de chez vous.

Cependant, les avions multi-rotors sont un peu différents des avions classiques R/C car ils n’ont pas besoin d’un équipement ou d’un site spécial (tel qu’une piste) pour être lancés, et si vous avez acheté un multi-rotors RTF, vous ne cherchez pas à apprendre ou à partager des informations sur la construction des autres aéronefs, vous voulez tout simplement l’utiliser. Par conséquent, que faut-il faire si vous ne voulez pas être limité à des vols autour de votre club local ? Dans ce contexte, la FAA (tout spécialement aux États-Unis, bien que d’autres pays comme le Canada ont adopté des directives similaires) conseille les directives suivantes (selon un avis de 1981 sur « les normes d’exploitation des modèles réduits d’aéronefs » (ils attendent des exploitants qu’ils s’y conforment volontairement) :

  1. Choisissez un site d’exploitation à distance suffisante des zones habitées. Le site choisi doit être éloigné des zones sensibles au bruit telles que les parcs, les écoles, les hôpitaux, les églises, etc.
  2. Ne pas faire fonctionner de modèle réduit d’aéronef en présence de spectateurs avant que l’avion n’ait été testé en vol avec succès et ne soit en état de navigabilité éprouvé.
  3. Ne pas piloter de modèle réduit d’aéronef à une altitude supérieure à 122 mètres. Lorsque vous pilotez des aéronefs dans un rayon de 8 km (actualisé à 5 km) autour d’un aéroport, il faut en aviser l’opérateur de l’aéroport ou, quand une installation de trafic aérien est située à l’aéroport, informer la tour de contrôle, ou la station d’information de vol.
  4. Cédez le passage et évitez de voler à proximité des aéronefs réguliers. Si possible, utilisez des observateurs pour vous aider.
  5. N’hésitez pas à demander de l’aide à toute tour de contrôle du trafic d’un aéroport ou station d’information de vol en ce qui concerne le respect de ces normes

Si l’avion est petit, et que vous avez le plein contrôle de l’appareil, un terrain de football ou de baseball inutilisé ou un grand parc est idéal. Si vous êtes membre d’un terrain de golf, vous pouvez envisager de demander à l’opérateur la permission d’utiliser votre drone sur le parcours.

Terrain de baseball

Un terrain de baseball local est un endroit idéal pour acquérir de l’expérience en vol

ne-pas-faire Ne volez pas au-delà du champs de vision de l’opérateur

Afin d’assurer la sécurité du vol, l’AMA conseille ce qui suit :

les vols FPV doivent impliquer deux personnes : un pilote et un observateur. Cette approche fournit un niveau supérieur de prise de conscience de la situation entourant le modèle réduit d’aéronef afin d’identifier et de prévenir les conflits ou les collisions. Pour les systèmes de pilotage automatique, le pilote doit avoir le contrôle direct de l’émetteur afin de pouvoir activer ou désactiver le système de pilotage automatique pour récupérer le contrôle d’un modèle réduit d’aéronef effectuant un vol en palier, maintenir un cap, revenir à un endroit choisi, ou initier une trajectoire de vol programmée. Les systèmes de pilotage automatique peuvent être programmés pour empêcher une perte de contrôle en vol en ramenant en toute sécurité un modèle réduit d’aéronef à un emplacement sûr choisi, quand une liaison radio est perdue.

Extrait de l’AMA « Rapport 101 du Comité des systèmes de vol avancés »

Le vol longue distance n’est normalement pas couvert par la règlementation du « vol récréatif » puisqu’une ou plusieurs des directives ci-dessus serait transgressée. Un vol longue distance peut impliquer un système de pilotage automatique mais, comme un opérateur humain doit être en mesure de reprendre le contrôle de l’avion à tout moment, des émetteurs longue distance sont normalement requis. La FCC n’autorise que des applications sans license à faible puissance de diffusion où l’intensité du signal mesuré est de 250 microvolts par mètre, mesurée à 3 mètres à partir de l’antenne d’émission, et seulement dans un rayon de 30 mètres. Cela se traduit par un émetteur d’environ 100 mW à l’antenne. Bien que n’importe qui puisse acheter un émetteur de 500, 1 000 mW ou plus, il ne peut pas être légalement utilisé sans licence (par exemple, une licence d’opérateur radio amateur). Quelques exemples de sociétés de radio amateurs, qui vous obligent à passer un test avant d’opérer au dessus d’un certain niveau de puissance :

Un signal fort peut interférer avec un grand nombre d’autres systèmes de transmission sans fil du secteur. Opérer avec un système de FPV longue portée et de forte puissance sans autorisation ni licence appropriée peut occasionner une amende ou même la prison puisque, en interférant avec d’autres signaux, vous pouvez mettre les autres en danger.

coche  Contactez l’aéroport ou la tour de contrôle pour des vols à moins de 8 km d’un aéroport /ne-pas-faire Ne volez pas près d’aéronefs réguliers

Tour de contrôle d'Hethrow

Tour de contrôle d’Hethrow

Ces deux points sont liés ; voler à l’extérieur d’un rayon de 8 km d’un aéroport ne signifie pas nécessairement qu’il n’y aura pas d’aéronefs réguliers volant à basse altitude directement au-dessus de vous. Vous seriez surpris de voir le nombre d’informations affichées sur les écrans des contrôleurs du trafic aérien ; ils signalent non seulement les aéronefs (qui disposent de transpondeurs afin de fournir automatiquement le numéro de l’avion, le type, etc.), mais ils indiquent également presque toujours quelque chose en l’air au-dessus d’un certain nombre de mètres, notamment de petits objets. Cela signifie que des objets tels que des oiseaux et des modèles réduits d’aéronefs peuvent être captés par un aéroport proche, et sans transpondeur, le contrôleur de la circulation aérienne ne peut deviner ce qu’est cet objet.

En tant que citoyen normal, comment savoir si vous êtes à moins de 8 km d’un aéroport ? Après tout, il existe de nombreux terrains d’aviation plus petits que vous pouvez ne pas connaître. En outre, tous les espaces aériens restreints n’impliquent pas tous des aéroports. Mis à part une recherche en ligne, il existe quelques applications smartphones qui, bien que destinées à l’origine à être utilisées par les pilotes de petits avions, peuvent aider les opérateurs de drones de loisir à déterminer s’ils se trouvent dans un espace aérien restreint, et quels avions se trouvent à proximité.

Fréquences des avions au dessus de Mirabel

Exemple : fréquences des avions au dessus de Mirabel

Nous avons décidé de voir ce qui pouvait se trouver autour du siège de RobotShop, qui est situé à Mirabel, au nord de Montréal au Québec, Canada. Le bâtiment se trouve dans la même ville qu’un grand aéroport international (aéroport de Mirabel, YMX). L’espace aérien qui l’entoure est clairement marqué comme restreint. Cependant, sans une de ces applications, nous pourrions ne pas avoir remarqué que l’espace de vol à droite de celui-ci est en fait également limité ; c’est un domaine très restreint réservé aux tests de nouveaux hélicoptères Bombardier, et parce que les hélicoptères volent à basse altitude, l’espace aérien est entièrement limité, même en dessous de 122 mètres (400 pieds). Le petit cercle vers le haut à droite est en fait une installation sécurisée (prison), où il n’est évidemment pas permis d’effectuer des vols de quelque nature qu’ils soient (notamment de drones). Le grand cercle bleu vers le bas à droite représente un autre aéroport international « Pierre Elliot Trudeau » (anciennement « Dorval ») avec le code YUL. ZMR (« Belle-rivière ») et ZMX (« Janvier Montréal Mirabel Intl ») sont des aéroports plus petits.

Espace restreint de Mirabel, Québec

Exemple : Espace restreint de Mirabel, Québec

Fréquences des radios au dessus de Mirabel

Exemple : fréquences des radios au dessus de Mirabel

coche  Prenez des leçons et apprenez à voler en toute sécurité

Cela va de soi. Bien que de nombreux consommateurs achètent des mutlirotors et drones prêts à voler (« RTF ») et presque prêts à voler (« ARF »), un grand nombre les construisent eux-mêmes, compte tenu de la simplicité de la conception. La combinaison de différentes parties de nombreux fournisseurs différents nécessite un étalonnage important, et toute configuration signifie que le risque d’erreur est élevé. Si vous construisez votre propre drone, il est important d’être sûr de toutes les connexions et de le tester à fond dans un environnement contrôlé et ouvert, loin des gens et des biens. Malgré d’innombrables vols réussis effectués par les pilotes de drones, il demeure toujours ceux qui ne savent pas ce qu’ils font et que l’on retrouve à la une de la presse. Il n’y a pas longtemps, un drone s’est écrasé sur un trottoir du centre ville de Manhattan, bien près de heurter quelqu’un. Les images récupérées sur la carte SD intégrée ont clairement montré que le pilote n’était pas capable de faire voler le quadricoptère en toute sécurité (il a eu des contacts physiques avec plusieurs gratte-ciels) et n’a pas fait montre de bon sens pour déterminer que la région choisie pour son vol n’était pas sûre.

ne-pas-faire Ne faites pas voler un avion de plus de 25 kg à moins qu’il ne soit certifié par un organisme communautaire d’aéromodélisme

Un avion même bien en dessous de ce poids peut être très dangereux. Cette restriction est principalement pour les amateurs de modèles réduits qui cherchent à construire des avions modèles réduits à toujours plus grande échelle. Même les petits avions multi-rotors sont essentiellement des tondeuses à gazon volantes et peuvent causer d’importants dommages aux personnes et aux biens. Si vous envisagez un multi-rotors qui pèse d’avantage, autour de 5 kg (batterie incluse), assurez-vous que vous avez une expérience significative du vol et des systèmes de sécurité intégrée.

Si vous avez des questions ou des commentaires, ou des conseils supplémentaires pour les amateurs de drones, nous vous invitons à nous en faire part ci-dessous.