Du 13 au 17 juin se tiendra à Paris l’un des plus gros salons dédiés à la Défense et à la Sécurité. L’occasion de découvrir toute une panoplie de nouvelles technologies bluffantes au service du militaire, avec entre autres la

 

C’est pour l’ouverture de ce grand rendez-vous du secteur que la société Delair-tech, spécialisée dans la conception de drones professionnels, et le groupe ECA, qui officie dans les technologies de pointe (dont la robotique, qui représentait 60% de son chiffre d’affaires en 2015) depuis 1936, ont choisi de dévoiler la teneur de leur partenariat.

Quand on sait ce que ces deux entreprises françaises savent faire, on ne peut que s’attendre à un projet ambitieux. Rappelons que ECA Group est la société qui développe un humanoïde de combat pour l’armée française, aux côtés de Wandercraft, une start-up lauréate du prix EDF Pulse et qui conçoit des exo-squelettes. Aujourd’hui ECA est une filiale du groupe Gorgé, qui détient également le fabricant d’imprimantes 3D Prodways et qui a investi dans Wandercraft.

Plus récemment, c’est dans la robotique que le groupe a jeté son dévolu. En 2002, la société sortait son premier modèle, K-STER, un robot de déminage. Suivra ALISTAR 3000, un drone autonome sous-marin, le robot de combat MiniROC, ainsi que le sous-marin autonome H100 développé pour la Marine Nationale. La société semble avoir privilégié les drones sous-marine=s (AUV) aux dépends des drones aériens, cœur de métier de son rival Airbus.

Mais c’était sans compter ce tout nouveau partenariat avec Delair-Tech. Née en 2011, cette start-up toulousaine épaulée par Parrot n’est nulle autre que “le champion français du drone professionnel“, comme le titrait le Figaro en mars 2016, date d’une importante levée de fonds, avec 13 millions d’euros à la clé. Avec une croissance de près de 1000% sur cinq ans, la société représente le nouvel avenir de l’industrie aéronautique française. Elle aurait déjà vendu  plus de 300 drones à travers la planète et compte la SNCF et EDF comme clients emblématiques. Pour se hisser à ce rang, elle a non seulement mis au point des drones made in France (systèmes produits en partenariat avec les régions Bretagne, PACA et Midi-Pyrénées) mais également tout un système de collecte et de traitement des données qui fournit une solution globale à ses clients. De ses quatre fondateurs en 2011, elle compte aujourd’hui plus de 60 employés et ne compte pas s’arrêter là puisque ses solutions sont adaptées à une grande diversité d’applications, de la construction à l’agriculture en passant par l’énergie.

Les quatre fondateurs de Delair-Tech

Mais c’est dans le militaire que la start-up vient de mettre le premier pas. Objectif du partenariat ? “Allier l’agilité et la capacité d’innovation

[de Delair-tech] à un réseau commercial et une expertise sur le secteur de la défense mondialement reconnue“. Car, si les start-ups revendiquent le monopole de l’innovation, c’est encore aux acteurs établis que revient de décider de soutenir telle ou telle start-up prometteuse. Les jeunes sociétés naissent sur la base d’une idée novatrice et prometteuse, mais le réseau et le rayon d’action leur font souvent défaut. C’est pourquoi de plus en plus de ces start-ups que l’on voyait déjà -souvent à tort- terrasser les industries bien établies, se tournent finalement vers les acteurs solidement installés pour accélérer leur expansion et intégrer le marché avec une expertise et un réseau consolidés et suffisamment forts pour réussir leur entrée. Le partenariat dévoilé ce jeudi 9 juin est donc d’ordre technologique. La PME apportera sa créativité et son dynamisme à l’ETI que constitue ECA Group, qui dispose pour sa part d’une assise certaine dans le secteur de la Défense.

Cette alliance vise à concevoir et commercialiser une offre de mini-drone tactique. Ce drone de taille réduite a été conçu pour réaliser des missions militaires de longue durée. Car les drones, aussi populaires soient-ils ne disposent en moyenne que d’une autonomie très faible, de l’ordre de la vingtaine de minutes. Ici, les deux sociétés cherchent donc à se démarquer de cette image court-termiste du drone en proposant le premier drone capable de voler 2h30. Son nom ? DT26M. Sa fonction ? Effectuer des missions de reconnaissance et de surveillance. Le but étant qu’il puisse être déployé en moins de 10 minutes d’où que ce soit et ce dans un rayon d’action d’au moins 30 km. Ce Système de Mini Drone de Renseignement (SMDR), discret et silencieux et léger (15kg), a été conçu et sera produit en France.

Avec sa tourelle gyrostabilisée, le drone pourra servir de drone d’observation dans bien des domaines. Pour le suivi de convois de véhicules comme pour assurer la réussite d’opérations terrestres dans des zones à risques grâce à ses caméras infra-rouge capables de repérer un corps chaud jusqu’à 2,5 km, et les véhicules jusqu’à 10 km de distance. La retransmission vidéo par ondes radios des images captées par le drone peut se faire sur une distance de 30 km permettant ainsi de le déployer depuis des zones sécurisées.

Les deux partenaires ont également pu développer une station sol qui permet de superviser à la fois les drones à ailes fixes de Delair-tech que les drones à rotors de type IT180 d’ECA Group. Une station-sol développée en prévision des projets futurs des deux entreprises et qui pourra assurer le déploiement de robots terrestres.

Un partenariat à la fois solide et agile qui réunit donc deux entreprises tricolores aux savoir-faire reconnus et qui permettra de traduire l’esprit d’innovation dans le domaine civil de Delair-Tech dans le domaine du militaire, terrain de jeu d’ECA.

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